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Quelques astuces pour gérer vos designers-divas en mode associatif

Ça fait plusieurs fois qu'on parle du fait qu'il manque toujours des designers/graphistes au sein des assos ou des projets open source. En travaillant depuis plusieurs années de manière bénévole pour différentes assos (de manière interne ou externe), je me rends compte que les problèmes rencontrés avec plusieurs assos sont souvent récurrents et qu'avec ces quelques astuces appliquées on pourrait probablement s'en sortir vraiment mieux et perdre tellement moins de temps.

Pas de carte blanche : soyez précis lors de votre demande

  • qu'est ce que vous voulez ?
  • à qui s'adresse le projet ?
  • à quoi sert ce projet ?
  • quel est le message à  faire passer ?
  • quelles sont les contraintes (impression, affichage, support) ?
  • quelle est la date limite pour founir les livrables ?
  • avez-vous une charte graphique sur laquelle se baser ?
Vous n'imaginez pas obtenir un site web complet avec une dizaine de fonctionnalités en disant simplement "je veux un site". Ce n'est pas au designer de créer votre cahier des charges ou de définir vos besoins. Breaking news : nous ne sommes pas des voyants.

Pas de validation en comité de 12 personnes (enfin je dis 12, mais deja à 5 c'est beaucoup trop), surtout pas par e-mail : choisissez au sein de votre structure les personnes clés pour valider les livrables (si possible une personne qui s'y connaît un petit peu dans ce domaine) : vous ne voudriez pas que votre client valide le design de son application avec toute sa famille proche et ses 32 cousins qui ne sont pas des utilisateurs potentiels et qui n'ont aucune connaissance dans le domaine de votre livrable, là c'est un peu pareil. Vous ne penseriez pas à faire voter le public d'un forum à propos de code de votre application? Pourtant ça arrive pour des logos/visuels. Si vous vous lancez la dedans, vous risquez de vous retrouver avec un visuel qui conviendra peut être à tout le monde dans l'équipe, mais qui n'aura plus d'identité ni de sens, et qui ne conviendra pas forcément à votre cible ou votre besoin.
Si vous n'avez aucune connaissance de la programmation, est ce que vous venez demander des changements dans le nom des variables ? Avoir des yeux et être capable de fournir des retours constructifs sur un livrable graphique sont deux choses très différentes.

Faites nous confiance : si vous avez accepté des designers au sein de votre asso ou que vous avez fait appel à quelqu'un d'extérieur qui bosse bénévolement, la moindre des choses est de leur faire un peu confiance et de les laisser faire leur travail, sauf si il y a un problème vraiment bloquant ou que ça ne correspond pas du tout à votre besoin (défini avec précision, évidemment), gardez à l'esprit que ce travail bénévole ne sera probablement pas parfait, mais posez vous la question : est-ce que ça fonctionne ? Est ce que ça répond à votre besoin ? Est ce que, en plus des 25 heures passées à créer des motifs pour des goodies, votre designer a envie de passer encore 10 heures à argumenter son travail pour au final changer un petit détail que personne ne remarquera ?

Fournissez-nous des "phrases chocs". Créer un logo, une illustration, une bannière de pub ou un flyer est une chose, trouver l'axe de communication et les bons mots pour faire passer un message en est une autre. Ne comptez pas uniquement sur nos bonnes idées en nous disant que nous sommes créatifs et qu'on va bien vous trouver quelque chose. Donnez nous des pistes, des mots clés, des concepts. Nous somme des designers, pas des consultants en marketing.

Définissez le périmètre d'action et ce que vous voulez faire des livrables : une création conçue pour un t-shirt ou un tote bag n'est pas pensé pour tenir sur le côté d'un stylo ou un carnet. Pitié ne réutilisez pas des morceaux des créas livrées sur d'autres supports sans nous en parler. Ok vous n'êtes pas non plus extra-lucides et des nouveaux besoins peuvent surgir à la dernière minute, mais essayez dans la mesure du possible de définir tout ce qu'il y a à faire et quelles sont les contraintes.

Restez poli et sympa. Quand on travaille bénévolement, on apprécie vraiment que les discussions soient cordiales, les intervenants soient respectés et de ne pas lire par e-mail les guerres internes à votre projet quand on se lève à 5:30 (oui je sais, c'est beaucoup trop tôt pour se lever et lire ses mails). Est-ce que vous discuteriez de vos problèmes internes dans votre boîte avec un prestataire en copie ? Je ne crois pas. Essayez de faire pareil, même si vous ne payez pas.

Détrompez-vous, nous sommes pas des divas. On est pas chiants juste pour le plaisir, on tient juste à ce que notre travail soit utilisé de manière cohérente au sein de votre projet, que les créas fournies soient utilisées sur des supports adaptés (lisibilité, format des couleurs, contexte), et tant qu'à faire , à ne pas passer 10 heures à aller à la pêche à l'information parce que le besoin n'est pas défini ou même refaire 3 fois notre travail parce que vous nous avez laissé carte blanche et que finalement cette carte n'est pas si blanche que ça.

En conclusion, je me rends compte que toutes ces astuces peuvent aussi complètement s'appliquer dans le monde du travail, dans le cadre d'une mission avec un freelance ou d'un projet interne avec des employés. Pour finir sur ces quelques mots : soyez sympa, respectez les gens en général, et respectez vos designers :)

La lutte

Aujourd'hui, c'est la Journée internationale des droits des femmes. Et, quitte à rejeter le raccourci « journée de la femme », autant utiliser l'appellation « Journée internationale de lutte pour les droits des femmes ». Car, oui, il s'agit d'une LUTTE.

Je ne veux pas qu'on m'offre des fleurs aujourd’hui : je veux que l'on parle des inégalités entre hommes et femmes, à la maison, au travail, dans la rue, dans le monde.

Je ne veux pas que les mecs mettent du rouge à lèvres : je veux une lutte au quotidien contre les violences faites aux femmes, un rattrapage systématique de l'humour sexiste, homophobe, transphobe et une mise à mort de la culture du viol. Mettez du baume hydratant si vous avez les lèvres sèches.

Je ne veux pas vous entendre dire « aujourd'hui c'est moi qui fait la vaisselle/à manger, c'est la journée de la femme » : je veux un partage égal des tâches ménagères au foyer et des postes dans le monde du travail, et ce, toute l’année, pas seulement le 8 mars.

Je ne veux pas de galanterie : je veux des salaires égaux à études / expériences / postes égaux, et le droit de bosser sans qu’on me demande si et quand mon utérus va se décider à pondre. Oui, je sais, il existe une loi contre ça, mais devinez le pourcentage d’entretiens d’embauche où j’ai entendu cette question dans ma vie ? La réponse va vous étonner : plus de 75% pour ma part.

J’en ai marre de ne même plus être choquée quand je lis le récit d’une agression de plus dans la rue ou sur le net, lorsqu’un raid de mecs cachés derrière leurs ordis cherchent à faire craquer une féministe. Dans aucun cas on ne devrait s’y habituer, mais ça devient dur quand ça arrive TOUS. LES. JOURS.

Je ne veux pas vous entendre nous expliquer ce qu'est le féminisme et qu'il y a des combats plus importants. Vous y participez, peut-être, à ces combats plus importants ? Penser une écriture plus inclusive, parler des poches de pantalons, des violences médicales, de la taxe « rose » sur les produits destinés aux femmes, du manspreading, des accouchements, du harcèlement de rue, des blagues à propos du viol : ces sujets peuvent vous sembler moins important que la faim dans le monde ou que les bombardements en zone de guerre, pourtant ce sont des sujets importants pour faire avancer les droits des femmes. Il faut donc en parler.

Je ne veux pas de réduction exceptionnelle pour du parfum ou du maquillage aujourd'hui : j'en ai ras le bol de devoir être belle et douce pour obtenir des droits qui nous reviennent, de devoir être gentille et polie quand on passe la journée à nous rabaisser et à nous demander de retourner dans notre cuisine pour préparer un sandwich. Je suis fatiguée d’entendre certains nous dire que c’est moche de lutter en râlant, qu’il y a des moyens plus jolis de nous faire entendre. Je n'en peux plus d’entendre ou de lire à chaque témoignage si c’est sérieusement arrivé ou que je n'ai pas d'humour, que j'exagère ou que j'ai mes règles. Je n’en peux plus de voir les femmes qui osent l'ouvrir subir des menaces de viol publiquement sur les réseaux sociaux. Fatiguée aussi de voir que même dans des affaires d'agression ou de harcèlement, la parole des femmes est toujours remise en cause : les rôles s'inversent et l'agresseur devient victime à grands coups de « mais elle va détruire sa carrière / le faire virer / ruiner sa vie ».

Je cracherais bien sur les hommes que j'entends, dans la rue ou ailleurs, que je suis, au choix, trop une pute, pas assez féminine ou bien garçon manqué. Maquillée ou non, épilée ou non, habillée ou à poil, voilée, rasée, blonde, brune, rousse ou multicolore, les femmes font ce qu'elles veulent de leur corps et leur lutte pour leurs droits n'en est pas affectée. Nous sommes toutes légitimes : nos causes, nos valeurs et nos luttes sont notre force.

Je ne veux pas vous entendre minimiser le harcèlement de rue à coup de #NotAllMen. Demandez autour de vous à vos amies, vos sœurs, vos collègues : c'est un fléau: selon une étude réalisée par le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE), 100% des femmes ont subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle dans les transports en commun. On nous apprend à nous cacher, nous défendre, nous méfier, ne pas rentrer seule, ne pas sortir seule, de trouver des techniques d'évitement à base de casque sur les oreilles et de regard vers le sol, ne pas trop nous dévêtir, être belle mais pas trop quand même, et ce, dès notre plus jeune âge. Mais bon sang, quand allons-nous apprendre aux garçons à ne pas violer ? À respecter un « non » ? Il serait temps de s'y mettre.

Je ne veux pas fêter le 8 mars. Je veux que l'on parle, que l'on sensibilise, que l'on fasse avancer les choses. Ce n'est pas une fête, c'est une lutte.

Je ferai la fête quand nous serons enfin toutes et tous égaux.


Merci à Stéphanie Walter et Marie Guillaumet pour leur relecture bienveillante et les conseils éclairés lors de la rédaction de cet article !



Le bingo bullshit du 8 mars

En cadeau bonus, un petit bingo pour tenir la journée, chaque case étant bien évidemment tirée de faits réels personnels. Il faut en parfois jusqu'à plusieurs semaines pour remplir cette grille le reste de l'année (enfin ça dépend, sur les réseaux sociaux ça va plus vite), mais le 8 mars, c'est malheureusement bien plus rapide.

Bingo bullshit du 8 mars

  • Bonne fête !
  • Feminazi
  • Il y a plus important comme cause/combat
  • C’est pas tous les hommes  qui ... #notallmen
  • Et la galanterie alors?
  • Tu te trompes (à propos du féminisme)
  • Tu as tes règles
  • Il faut remplacer le mot féminisme
  • Tu es trop sensible
  • C’est de l’humour
  • Et la journée de l’homme?
  • Hystérique 
  • On vous offre des fleurs le 8 mars
  • Réduction pour du maquillage / parfum / lingerie le 8 mars
  • Tu es vulgaire
  • Ma femme est très heureuse à la maison (nb : ce n'est pas un problème, mais ça n'a strictement rien à voir avec l'égalité)
  • Tu cherches le conflit (à propos de discussions autour du féminisme)
  • Mal baisée
  • Hé madmoizelle !
  • Les femmes aussi ... (peuvent être violentes / harcèlent / frappent)
  • C’est un compliment
  • On peut plus draguer
  • Sale pute
  • Les femmes sont faibles (et c'est scientifique)

Workshop Flupa Sketchnotes

La semaine dernière se déroulait un petit workshop organisé par Flupa autour des Sketchnotes. Ahhh, les sketchnotes, le truc que j'ai envie de faire depuis des année, que j'ai tenté tant bien que mal lors des dernières conférences auxquelles j'ai assisté, et qui me branche tellement que biou m'a offert un bouquin à ce sujet à Noël dernier.

Je n'ai pas vraiment hésité à m'inscrire au meet-up quand j'ai vu le programme : d'abord une présentation avec Chris Spalton, puis un challenge inter-meetups de Flupa, parce que l'asso avait organisé ce workshop un peu partout en France en plus de l'antenne de Luxembourg ! Au final c'était vraiment une bonne occasion de me lancer une bonne fois pour toutes dans l'univers des sketchnotes, découvrir des petites techniques pour faciliter les dessins, et sentir la bonne odeur des sharpies tous neufs.

Les notes et tests faits pendant la présentation

La partie challenge reposait sur une conférence présentée aux flupa UX days l'an dernier, que j'avais déjà vue du coup, et déjà essayé d'en faire un sketchnote tout pourri. La première étape avait pour but de faire son propre sketchnote de cette conférence, puis ensuite on se rassemblait en groupes de 3 ou 4 personnes pour refaire un super sketchnote collaboratif en bien plus grand. Voilà le résultat de notre travail, avec Stéphanie, Chadia, Lou et moi-même.

En plus, comme on a trop du bol et que les gommettes des participants nous ont proclamé "number one", on est toutes reparties avec un petit livre trop mignon pour s'entrainer à dessiner des tas de petits trucs

Des détails du sketchnote final

Le sketchnote final sur la conférence

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